L’îlot Coudray : on vous explique (presque) tout épisode 2

A partir de ce jour-là, les choses se précipitent lentement : « Festina Lente », comme disent les romains. Pas si fous que ça, après tout, ces Romains !

En citoyens agacés mais polis, les quelques tout premiers résistants décident d’interpeller la Mairie. Interpellation ? Interpellation ? N’était-ce pas le monopole de la Police ? Et bien, là, du coup, cela devenait une initiative de la Polis, (Dans la Grèce antique, la Polis est, disons…. une communauté de citoyens libres et autonomes. C’est de là que viennent les mots Politique, Tripoli ou Métropole ! C’est fou le nombre de trucs qu’ils nous ont laissé aussi, ces grecs !)

Cette Polis polie, constructive et organisée commence par les Associations du coin.
Quelques unes d’entre elles, après de longues discussions, concertation oblige, co-signent donc une lettre adressée à Madame le Maire de Nantes ! Il nous faut des explications, des explications et de la concertation. Ce coin de la Métropole, les usagers du coin le connaissent mieux que personne et ils ont bien deux ou trois choses à dire sur le sujet !

Alors on attend, on attend… une réponse à cette lettre, qui ne vient pas. On décide donc de participer au plus grand nombre possible de réunions que la Mairie a pris l’habitude d’organiser alentours, rapport à toutes sortes d’aménagements qu’elle prévoit, comme un peu partout dans la ville. Réunion d’aménagement de la place devant la basilique Saint Donatien, par exemple. Mais aussi réunion, tenons-nous bien ! d’apaisement des rues des Boers, de Lorraine, etc. Apaisement ! C’était donc la guerre dans le quartier ? Et les riverains ne sont même pas au courant ?

Bein si c’est la guerre, se dit-on, il est donc bien temps de se mobiliser et de mobiliser.

On lance une pétition, on organise des pique-nique sur le terrain vague, on discute, on se rassemble, une belle banderolle est confectionnée, et malgré l’arrachage de la dite banderolle, les étincelles d’un mouvement naissant crépitent. Il ne manque plus à ce collectif pour être bien entendu qu’un barde chantant joyeusement aux oreilles des élus. Mais les services du barde – pour l’instant – vont s’avérer superflus, car on dirait que la Mairie a l’ouïe fine.

Le 8 juin, au lieu d’aller à la taverne la plus proche fêter la publication du 1984 de Georges Orwell (1949), la naissance de Kanye West (1977), ou la disparition de Robert Desnos (1945) un bon nombre de parents d’élèves se rendent à l’école élémentaire, où se déroule une nouvelle réunion : Madame Naël, l’édile (tiens ! encore un bon mot des Romains !) en charge de l’Education pour la Ville de Nantes vient expliquer les raisons et les modalités de la mise en place de 2 salles préfabriquées dans la cour de l’école élémentaire du Coudray. De nombreux parents sont là.

Madame Naël tente de porter le débat sur les aménagements dans la cour de l’école, ce qui va réduire de presque un quart l’espace de récréation. Cela ne fait que renforcer la colère, toujours cordiale et polie, de l’auditoire. Les irréductibles sont là, et remettent sur le tapis le sujet de l’îlot.

Sur le célèbre site change.org, la fameuse mobilisation évoquée plus haut portant ses fruits, de riverains internautes la signent chaque jour plus nombreux. Leurs commentaires expliquent les raisons de leur colère, revendiquent un autre destin pour cette parcelle publique, et souhaitent que leurs idées soient prises en compte.

Revenons à nos sangliers. Au 8 juin donc, à la réunion se tenant dans la cantine, sangliers obligent ! Madame Naël n’ignore pas la montée de cette pétition, d’autant que des articles parus dans la presse locale se sont fait l’écho de cet Îlot de la Discorde. Elle décide alors de ne pas esquiver le sujet de l’Îlot, et révèle qu’elle en a tout fraichement discuté avec Madame le Maire. Elles sont d’accord qu’il y a bien un ver dans la pomme….de discorde ; et qu’en un mot, il y a bien un problème, voire plusieurs problèmes, et qu’il va falloir y regarder de plus près.

Peut-être est-ce l’effet des élections qui approchent ?… Madame le Maire passera le jour du second tour des législatives rendre une visite de courtoisie à notre bureau de vote, et en profitera pour confirmer avoir bien demandé à ses équipes une remise à plat de ce dossier.

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